• [Non-Illustrée] La Guitare Noyée

    Un texte que j'ai écrit... il y a longtemps, quelque part en 2016. Encore aujourd'hui, même après m'être (je trouve, personnellement) pas mal amélioré entre temps, j'en suis plutôt content, du coup je partage de nouveau avec vous...

    Enjoy ~


    [cw / tw ; dépression]

    C'est, je ne sais pas, comme si tu te tenais devant moi, là, ton éternel silence emplissant la pièce poussiéreuse. Elle ne bouge pas, n'émet aucun son, se contente de rester debout et d'observer ; comme toi. Et pourtant, on se tourne vers elle et tout de suite on la voit. Sa couleur voyante, tes yeux que tu t'efforçais de détester, d'une haine que tu formais dans le peur de la différence des autres. Et ces dessins, sur ta peau, que je n'ai jamais vraiment compris. Cette guitare un peu trop vive, d'une certaine façon, me fait penser à ta silhouette immobile qui captivait. Alors je me dis que, peut-être, ça pourrait être bien. De te revoir, comme une illusion. De voir tes rares sourires et tes rires l'étant encore plus. Ces petits trésors éphémères qui commencent déjà à disparaître, à s'effacer, doucement, me faisant un peu plus crier à chaque fois. D'une douleur qui vient bien de ces sourires, et de ces rires. Et je pense bêtement au fait que, peut-être, tu ne m'as jamais sourie. Peu importe, en fait, que je t'ai rendue heureuse ou non. Je préfère me dire que j'ai été ta lumière, l'ampoule chancelante dans un endroit complètement noir et ravagé, détruit, comme si une tempête de souffrance passait régulièrement par là. Et c'était bien le cas. Tu souffrais, souffrais, souffrais. Moi aussi je souffrais, mais différemment, moins. Et encore moins depuis le moment où ta faible lumière est venue m'éclairer fébrilement.

    Je regarde cette guitare bien rouge, encore, toujours, ne la lâche plus une seconde, me demandant si un jour je me déciderais à la saisir et à arrêter de la fixer bêtement. Mais c'est comme si je posais la gomme sur la feuille de papier et me mettais à tout effacer. Alors je tremble, me mords la lèvre dans l'indécision et bats des cils pour chasser les gouttes salées qui perlent au coin de mes yeux gris, comme un des tiens. Le vert de l'autre se colle à mes cheveux secs et beaucoup trop longs. Ils ont bien poussés, en deux mois d'inactivité, en deux mois inutiles durant lesquels je n'ai fais que me dire que tu me souriais encore, là, juste à côté de mon corps tout tremblant, secoué par des sanglots que je n'ai jamais réussi à arrêter. Les larmes coulent et ne cessent plus vraiment. Mais on m'a dit que ça ne se faisait pas, de rester en deuil aussi longtemps, qu'il fallait passer outre et continuer à vivre. Vivre, retourner en cours, supporter les regards de pitié, et surtout de dégoût. Vivre, oublier, effacer. Te faire disparaître comme si tu n'avais jamais existé. On me répète souvent que c'est normal, que c'est la norme, que pour être socialement acceptable il faut lâcher deux, trois petites gouttes pathétiques et hypocrites, puis simplement retourner à son quotidien ennuyant où on se perd dans la routine établie.

    Les notes fusent et moi je ne fais que regarder l'instrument, comme si je n'en pinçais pas les cordes à cet instant précis. Je relève mes prunelles sucrées et découvre la foule amassée devant moi, silencieuse, curieuse mais peu intéressée. Des regards emplis d'incompréhension. Pourquoi pleure-t-il, là, sans retenu, devant de pur.e.s inconnu.e.s ? Parce qu'il est humain, et que l'humain n'est pas fait que de réputation et de faux semblants, ces choses qu'on vous balance dès votre plus jeune âge. Je me détourne simplement de ces personnes, comme à l'habitude, comme je le fais tous les jours, continuant à jouer. Peut-être à chanter, je ne sais pas. Je sens à peine de faibles bras venir m'entourer, d'un geste se voulant réconfortant, rassurant. Et je m'imagine que c'est toi, que c'est ton épaisse chevelure noire qui me chatouille l'épaule. Et je souffre, et je pleure, et je me laisse aller, et je m'en fous. Mais à un point. Je veux juste entendre tes rires, voir tes sourires, te serrer contre moi, passer ma main dans tes cheveux, t'empêcher de mettre tes stupides lentilles, terminer notre marathon série laissé en suspens. Je veux juste qu'on me laisse déprimer, qu'on me laisse ressasser encore et encore, qu'on laisse la vague de souvenirs me submerger et noyer le peu de joie qui peut me rester. Qu'on me laisse m'échapper de ces bras trop timides pour me retenir, qu'on me laisse courir, qu'on laisse la guitare se briser en mille morceaux et détruire ton visage.

     


  • Commentaires

    1
    Kalou Simlish
    Dimanche 1er Juillet à 15:16

    Wow, c'est vraiment touchant comme récit :o

    Et toujours aussi bien écrit, mais ça me fout le cafard ce genre d'écrit, donc je préfère limiter mes lectures du genre ^^' (ce n'est que mon ressenti personnel :) )

      • Lundi 2 Juillet à 03:36

        Mais, hé, merci, encore une fois :o

        Je comprends parfaitement... mais j'espère quand même que ça va... ?

         

      • Kalou Simlish
        Lundi 2 Juillet à 07:33

        Mais ça va t'en fais pas, et puis ça reste pas longtemps le cafard chez moi ;p (le plus souvent, comme dans le cas des histoires ^^)

        Et puis j'ai tendance à être trop sensible comme personne, donc voilà x)

      • Lundi 2 Juillet à 16:12

        Pf, pff, pfr, rejoins le club des hypersensibles agréé.e.s :'D

      • Kalou Simlish
        Lundi 2 Juillet à 16:19

        Moi je veux bien ! T'as un formulaire à me faire remplir ? xD

      • Lundi 2 Juillet à 17:04

        ''Êtes-vous réellement hypersensibles ou est-ce seulement une façon d'avoir des cookies gratuits ?'' :'D

      • Kalou Simlish
        Lundi 2 Juillet à 17:14

        Euh... Je passe la question !

      • Lundi 2 Juillet à 17:29

        *all the others overemotionnals tsked*

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :