Aeline : Espèce d'Observateur inutile !
Hé ! Elle se repose ! Si j'entre dans la chambre, elle va me sentir et se réveiller.
Aeline : Mais papa a le droit d'être là, lui, c'est pas juste, moi aussi je veux savoir ce qui se passe !
Parce que t'es pas fichue de comprendre le sens du mot "silence"...
Aeline : C'pas vrai !
Je croyais que t'étais à deux saisons de ta majorité ?
Aeline : Tu sers à rien !
Saï : Vous vous calmez, tou.te.s les deux, oui ? Toi, j'te signale qu'on peut t'entendre de partout !
... certes, désolé. Aeline, arrête de tirer la langue, espèce de bébé.
Aeline : Hum.
Saï : Merci.
Ça va, Méil ?
Saï : Hum ? Ouai, elle vient de se réveiller, je venais te chercher...
Aeline : Et pas moi ? C'est pas juste !
Saï : ... juste si tu te tiens tranquille, cette fois.
Aeline : Oui, oui !
Aeline : Méil !
Méil : M-
Saï : Qu'est-ce que tu fais debout, toi ? T'es censée te reposer !
Méil : J'avais mal aux jambes... Aeline, tu m'étouffes.
Aeline : C'est ta faute, tu m'as fait peur ! T'es chanceuse que papa avait pas de concert hier soir, toi, j'aurais pas su quoi faire !
Méil : Chanceux.
Aeline : Quoi ?
Méil : Rien.
Saï : ... assieds-toi, s'il te plaît.
Méil : Ça va, je suis habitué, avec l'équipe de foot, faut juste que je marche un peu !
Aeline : Eh... y'a pas d'équipe féminine, à l'école.
Méil : ... si si.
Aeline : Non. Les Kangourous, c'est tous des garçons.
Méil : Mais, euh- le coach a fait une exception pour moi ?
Aeline : Ce connard misogyne ? Jamais !
Saï : Aeline !
Aeline : Papa, c'est pas le moment de me reprendre sur mon langage...
Saï : Arrête d'insister, tu vois pas que tu la mets mal à l'aise ?
Méil : Le.
Saï : Oui, pardon...
Aeline : ... y'a quelque chose que je sais pas ? La langue française a soudainement exclu tous les mots féminins ou quoi ?
Méil : Euh...
Aeline : Et t'es pas dans l'équipe de foot !
Méil : Putain, mais tu crois que c'est qui, Michael, le numéro dix-sept ? C'est moi ! Je me suis déguisé en garçon et personne a rien vu, à part Judy !
Aeline : ... quoi ?
Méil : T'es encore plus conne que ce que je croyais...
Aeline : Si t'étais plus claire j'aurais pas l'air aussi débile ! Arrête de m'insulter et explique-moi !
Méil : JE VEUX ÊTRE UN GARÇON, PUTAIN !
Saï : Mé'... c'est pas facile pour tout le monde.
Méil : Tu crois que ce l'est pour moi ? Tu crois que c'est facile de se lever le matin en se disant "fuck, j'ai encore des seins", "fuck, je suis encore moi", "oh, et si je me les arrachais, avant d'aller à l'école" ? J'espère que tu sais que c'est pas normal de se dire ce genre de trucs ?
Aeline : Je comprends pas...
Méil : Évidemment, tu comprends rien.
Aeline : Pourquoi tu voudrais être un garçon ?
Méil : Je SUIS un garçon ! J'en veux le corps, c'est différent.
Aeline : ...
Méil : J'abandonne...
Aeline : Mais rends-toi compte que c'est super bizarre, quand même, comme concept...
Méil : Je pensais que la société avait évoluée. Magnifique.
Aeline : Ben désolée, mais on apprend pas ça à l'école !
Méil : Ben on devrait. On a dépassé le temps où on était juste un.e ou deux à comprendre qu'on est pris.e.s dans le mauvais corps. Parce que c'est ça, être trans, Aeline, c'est être constamment dans une foutue prison.
Aeline : Quand même pas...
Mél : ... et c'est les connes comme toi qui rendent cette putain de prison bien plus difficile à ouvrir.
Aeline : Mais calme-toi, j'ai rien fait pour t'enfoncer !
Méil : Ah non ? Et encourager tou.te.s les autres à se foutre de ma gueule, c'était pas m'enfoncer, peut-être ? Avoir su que l'intimidation était un acte de charité, je t'aurais remerciée !
Aeline : T'es encore là-dessus ? Mais on était des enfants !
Méil : Et tu me montres tous les jours que j'ai parfaitement raison de t'en vouloir. Merci.
Aeline : Mais j'ai rien fait, après ça !
Méil : Pardon ? Tu me traites de bizarre tous les jours.
Aeline : Parce que t'es bizarre !
Méil : ... sors.
Aline : Quoi ?
Méil : Sors de cette chambre, je veux plus voir ta connerie.
Aeline : Mais...
Saï : Méil-
Méil : Michael. Je veux qu'on m'appelle Michael.
Saï : D'accord...
Je voudrais juste préciser que je ne prétends p a s parler au nom de tou.te.s les trans, je parle au nom de mon propre vécu, de mes propres émotions et de ma propre situation.
Anyway...
La transexualité, c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur, parce qu'il me touche directement. J'ai pris assez de ma réalité pour avoir de la matière crédible à vous montrer, mais j'ai aussi ajouté assez de fictif pour ne pas me rendre mal à l'aise à l'idée de poster (pas que j'ai honte ou quoi, mais ça m'est toujours difficile de me transposer sur une oeuvre de fiction).
Après, c'est assez complexe, je trouve, à mettre en place correctement avec seulement des dialogues (pourquoi j'ai dû mettre Aeline de côté- parce que j'avais peur de louper un truc avec Méil / Michael). J'ai gardé Saï bis assez présent dans le truc parce que son scénario est quand même vachement simple ; il carbure à la musique, au travail (enfin, à la musique, du coup), à sa famille et à de petites interludes avec Gebriel.
Préparez-vous à un changement de décor assez brusque pour la prochaine màj ;)
(je n'ai pas du tout d'avance, donc il va peut-être prendre plus d'une semaine à sortir, je sais pas encore)
(Btw, c'est techniquement impossible de faker une identité comme Méil / Michael l'a fait, parce que le coach aurait voulu voir son bulletin de notes, mais j'ai décidé de prendre la voie de la facilité... j'imagine ce dialogue depuis le tout début ~)